dsc_2772cropTout a commencé chez Colette, rue Saint-Honoré, à Paris. Un matin tôt, il était venu faire une démo avec le sèche-cheveux imaginé par James Dyson. Il l’utilisait depuis plusieurs mois et il en vantait les mérites. Mais pourquoi Dyson avait-il confié son séchoir à Frédéric Birault ? « Vous ne connaissez pas Cut by Fred ? » Non. Mais en fouinant un peu, on découvre vite que le Fred en question fait partie des coiffeurs les plus influents du moment. Car présent sur les réseaux sociaux, les plateaux de ciné, dans les studios et même dans un salon en appartement, rue d’Hauteville. C’est là que la vraie rencontre a eu lieu. Autour d’un café, en présence de Léon, le bouledogue français de Fred.

« J’ai fait mon apprentissage dans un salon de Chalon, où j’étais le seul garçon »

« Je suis né à Chalon-sur-Saône. Tout petit déjà, je coiffais des poupées… Après la classe de 3e, j’ai donc fait un apprentissage pour devenir coiffeur : j’ai passé trois ans dans un salon de Chalon, où j’étais le seul garçon. » A 18 ans, alors qu’il vient d’avoir une voiture – « Une Fiat, je crois… » -, il fait son premier grand trajet. Direction : Paris. A peine arrivé dans la capitale, il pousse la porte du salon Jacques Dessange, avenue Franklin Roosevelt. Il cherche du boulot. On l’embauche illico. Il se plonge alors dans les petites annonces pour trouver un logement. « Le même jour, j’ai pu visiter une chambre de bonne dans le XIIe. Je l’ai vue. Je l’ai prise. » Le soir, en rentrant à Chalon, il explique à sa mère qu’il va tout plaquer : Chalon, le salon, sa famille, ses copains, pour tenter sa chance à Paris. « Ma mère hallucinait. Moi aussi… » La suite, elle n’est que rencontres, coups de chance, hasards et pugnacité. A 19 ans, il va voir John Nollet. Ça tombe bien : le coiffeur-star cherche un assistant. Il choisit Fred qui, une semaine après, suit son nouveau patron partout : sur les séances photo, les tournages de films, les défilés, en France comme à l’étranger. Il coiffe Vanessa Paradis, Mélanie Laurent… Ses carnets d’adresses et de rendez-vous s’étoffent.

Pas pour lui les brushings gonflants pour milliardaires ronflantes

A 24 ans, il quitte Nollet et Paris pour voir autre chose à New York. Mais les brushings gonflants pour milliardaires ronflantes de l’Upper East Side le lassent. « Pas mon truc. » Il est encore new-yorkais lorsque la production de Mylène Farmer l’appelle : la chanteuse le veut pour sa tournée. Il rentre à Paris et accompagne près d’un an l’interprète de Désenchantée. « Après ça, je n’avais plus peur de rien. Je savais à peu près tout faire. » Du coup, il n’hésite pas lorsque Mélanie Laurent le réclame pour la suivre lors de la tournée mondiale du film de Tarantino, Inglourious Basterds : « J’ai croisé Brad Pitt à une avant-première. » A l’évocation de ce souvenir, ses yeux brillent encore. Le gosse de Chalon n’est pas blasé. Loin de là. Il a encore des idées, des envies, des rêves. La grosse tête ? Sûrement pas. Pourtant son blog cartonne. Son salon en appartement affiche complet. Si bien qu’il a dû embaucher Patrice, un ex-étudiant en philo qui manie désormais les ciseaux. Quand on lui demande ce qu’il fait dans la vie, Fred répond : « coiffeur, mais pas que… » Car il n’arrête pas. Les projets affluent. En 2017, une gamme de soins pour cheveux et bons pour la planète va porter son nom. A 34 ans, Fred reconnaît que tout est allé vite, très vite, depuis… sa fugue en Fiat.