Posté le 28 janvier 2012 par anne
Souriez, vous êtes couché ! En hommage à John Lennon et Yoko Ono, la créatrice Ken Okada a installé un grand lit blanc dans sa boutique du 1 bis rue de la Chaise, à Paris. Jusqu’au 20 mars, nous sommes tous conviés à venir y partager un moment de paix avec la ou les personnes que l’on aime. La contrepartie ? Une remise de 30% sur les chemises de la maison. Rien à voir, donc, avec les dîners allongés du Supperclub d’Amsterdam ou de San Francisco –époque formidable-. Ni avec les personnalités immortalisées dans leur lit par le photographe Thierry Bouët, pour les besoins d’un livre. Quoique dans tous les cas, on invite à la paresse. La paresse qui a inspiré un drôle de court métrage éponyme à Jean-Luc Godard en 1961. On y voit Eddie Constantine las de nouer ses lacets, las de faire la conversation, las aussi de se déshabiller pour rejoindre une pin-up dans son lit. Le lit, décidément objet de tous les délits, de tous les délires.
© Léo Dorfner
Posté le 26 janvier 2012 par anne
Celui qui se cache sur cette photo s’appelle Fabrice. Sa spécialité ? Concevoir des salles de bains. Il travaille avec son frère, Didier, qui préfère dessiner des cabinets –les meubles à tiroirs- plutôt que des toilettes. Leur nom de famille : Knoll. Difficile à porter pour ce duo d’architectes et designers. Car 99,99% de celles et ceux qu’ils croisent sur leur route leur demandent s’ils ont un lien avec l’éditeur de mobilier éponyme. Réponse : non. Ils doivent donc faire avec… Si Fabrice traîne volontiers au Prix de Diane, chaque année à Chantilly, Didier, lui, préfère les pistes de danse et la quête de l’insolite dans les cafés, les piscines, les bus, entre poussettes et sacs à dos. Deux profils différents, qui se rejoignent néanmoins dès que l’on parle pâtisserie, ciné, balades dans Paris, jeux de mots -et maux du « je » ?-. S’ils apparaissent dans ce « post », c’est parce que Fabrice a signé, en solo, la scéno de l’espace « ModesDeBain », à voir au salon Idéo Bain, porte de Versailles, du 7 au 12 février. Si vous projetez une « demolition party » avec vos baignoire, douche et lavabo -époque formid’-, c’est le moment d’aller pêcher des idées dans le 15e arrondissement. Les archis et designers Mathilde Brétillot, Fabrice Knoll –très inspiré par le spa-, Cédric Martineaud et Patrick Nadeau vont chacun proposer leur vision de la salle de bains idéale. Et ça dépote. Notamment chez Nadeau, dont le projet « Green waters » mêle végétal et éco-conception. La vie au vert en quelque sorte, juste à l’orée du périph’.
Posté le 25 janvier 2012 par anne
« J’ai eu la chance d’avoir Bresson et Godard comme profs ». C’est Anne Wiazemsky qui parle. C’était cet après-midi au ciné Les Variétés, à Angers. L’actrice et romancière présentait La Chinoise, un film de 1967 signé Jean-Luc Godard, avec Jean-Pierre Léaud. Un film qui a fait bondir critiques et politiques à sa sortie en salles. Et pourtant, selon Wiazemsky, Godard voulait avant tout montrer le quotidien d’une bande d’étudiants, certes un peu illuminés, car prêts à faire péter la Sorbonne –un an avant mai 68-, le Louvre et la Comédie Française. Mais surtout squatteurs, avant l’heure, d’un appartement cossu de la capitale, dont ils avaient réinventé les peintures murales… Il n’en demeure pas moins que La Chinoise a été le premier long métrage projeté dans un festival de théâtre, à savoir celui d’Avignon. Ce qui a suscité à nouveau des débats, « ce qui n’était pas pour déplaire à Jean-Luc. Il aurait été si triste d’être consensuel ». Epoque formid’. Puis, la romancière a évoqué Robert Bresson et son film Au Hasard Balthazar, dans lequel elle a joué. Elle avait 18 ans. Sur ce tournage, un jeune acteur l’a marquée : « c’était Walter Green. Il détestait le cinéma. Il voulait devenir… dentiste ! D’ailleurs, il est devenu dentiste ». Mais le ciné l’a rattrapé : « il a épousé l’actrice Marlène Jobert et leur fille Eva, que je ne connais pas, fait elle aussi du cinéma ». La amateurs d’anecdotes de ce type sont invités à lire Une année studieuse (Gallimard), le dernier livre d’Anne Wiazemsky : nous sommes en juin 1966 et la narratrice envoie une courte lettre à Godard, adressée aux Cahiers du Cinéma, rue Clément Marot à Paris. Elle lui dit à quel point elle a aimé son dernier film, Masculin Féminin. Troublé par ce courrier, Godard lui répond. Il veut la voir…
Posté le 24 janvier 2012 par anne
Le festival angevin Premiers Plans incite et invite à l’école buissonnière. Du coup, je bosse au petit matin. Dès 4 heures. Et la récré, c’est le ciné. Epoque formidable. J’ai l’impression d’être en plein jet lag : je déjeune à 11 heures du mat’ et dîne à 18 heures. Mais c’est pour la bonne cause. Celle du 7ème art. Aujourd’hui, en début d’après-midi, on projetait Bande à part de Godard. Présenté et commenté par Anna Karina. Acclamée, chapeautée, en jeans, trench-coat et baskets aux pieds, l’actrice a illuminé la scène du Centre des congrès, voisin du Jardin des plantes d’Angers. Aérienne, souriante, elle a raconté que Godard la voulait nue dans A bout de souffle. Elle a refusé. Il est revenu à la charge avec un télégramme : « cette fois, je vous offre un premier rôle ». Elle a accepté. C’était pour Le Petit soldat. Concernant Bande à part, Anna Karina a expliqué que Claude Brasseur et Sami Frey avaient dû prendre des cours de Madison dans une boîte de nuit de la rive gauche, pour jouer l’une des plus célèbres scènes du film. L’autre étant, sans doute, la visite du Louvre en 9 minutes et 43 secondes… C’est comme ça, au ciné avec Anna. On papote, on virevolte. Puis, celle qui a tourné avec Varda, Rivette, Deville, Fassbinder ou encore Visconti a conclu son propos en évoquant une pizza qui porte son nom : « j’ai vu ça en Australie, dans un resto que le patron a baptisé… Bande à part ».
Posté le 23 janvier 2012 par anne
Touche-à-tout et curieux de tout, Benoît Chavanne a mis du temps avant de trouver sa voie. D’abord prof de philo au lycée international de Saint Germain en Laye, il a ensuite dirigé le service culturel du Val d’Europe. Puis, un matin, il a eu envie de faire ce qui lui plaisait vraiment : un métier qui mêle apprentissage, lecture et accords entre mets et vins. « Je cuisine depuis que j’ai 12 ans ». Quant à ses voyages et expériences personnelles, ils ont toujours été l’occasion de se perfectionner derrière les fourneaux : il s’est initié aux préparations du riz pendant son service militaire au Yémen ; il a profité d’un stage à Hawaï, pour apprendre à réaliser la daube provençale auprès d’un chef toulonnais ; il a découvert la dégustation et la vinification à l’Université du vin, dans la Drôme. En janvier 2005, il a créé la société Hubris –« démesure » en grec- : « car il n’y a jamais trop de plaisir », dans notre époque si formidable. Hubris permet aux gourmets et gourmands de découvrir les vins sélectionnés par Benoît Chavanne, autour de la dégustation de plats. Ces rencontres gustatives ont lieu dans des lieux insolites, tels qu’une suite de palace, une terrasse avec vue, un château, une cave, des vignes… L’idéal étant, bien sûr, de déjeuner ou dîner avec l’ami Benoît et lui laisser carte blanche avec la carte des vins.