La créatrice Hélène Nepomiatzi n’est jamais là où on l’attend. Ça change des suiveurs, des copieurs, des imposteurs… On l’avait laissée en duo avec la photographe Morgane Le Gall dans une galerie du VIIe arrondissement de Paris ou encore, en solo, le temps d’une expo dans un salon du Crillon… On la retrouve, en ce début 2026, fraîchement sortie d’une résidence orchestrée par la Faïencerie de Gien, maison fondée en 1821 dans le Val de Loire et fleuron des arts décoratifs français. Drôle d’endroit pour celle qui a adopté le cuir pour ses objets et accessoires. Le lien avec la faïence ? C’était à Hélène Nepomiatzi de le trouver, l’inventer. Unir pour bâtir. Avec la complicité et le savoir-faire de la maroquinière Noémie Segrétain.
Offrir une vie d’aujourd’hui à cet objet d’hier…
« En me plongeant au cœur des archives et des stocks de la maison Gien, je suis tombée sur un vase œuf de 1875. Je l’ai choisi pour la pureté de sa silhouette », confie Hélène Nepomiatzi. Son idée : offrir une vie d’aujourd’hui à cet objet d’hier. Le détourner de son usage premier. Métamorphoser ce vase pour qu’il se fasse petite table ou tabouret. Le tout en habillant la faïence émaillée d’un motif en cuir pleine fleur de veau. Une parure sur mesure, une structure à l’allure d’un corset, tel un clin d’œil au parcours de la créatrice parisienne, étroitement lié à l’univers de la mode. Passée par le Studio Berçot, ses premiers accessoires ont été repérés par Karl Lagerfeld, pour lequel elle a ensuite travaillé : « Il a voulu que je lui fasse un chapeau. Je n’en avais jamais fait. Mais j’ai dit oui… », raconte Hélène Nepomiatzi. La suite : un prix au concours Andam Fashion Awards, des collaborations avec des maisons comme Hermès ou Céline, des miroirs en vente chez Liaigre, jusqu’à la naissance d’une marque qui porte son nom.
Double jeu
Subtilité du « Corseté », nom donné à la pièce éditée à seulement 8 exemplaires : « Son corset se dégrafe », souligne Hélène Nepomiatzi. Le vase s’habille, se déshabille, comme une personne. Il se contraint ou se libère, selon l’envie. Un double jeu issu d’une résidence dite « tripartite », où la créatrice a sollicité autant les gestes de la maroquinière Noémie Segrétain que les talents internes de la maison Gien. Car chaque pièce a nécessité 26 composants et trois cuissons, avant de passer entre les mains d’une trentaine de maîtres faïenciers. De la matière première - sables, argiles, kaolin - aux œuvres terminées, sans oublier les moules, les émaux et les pigments, toutes les étapes de fabrication ont eu lieu à Gien, selon des formules et autres processus qui restent secrets. Quant à l’assise, elle s’inscrit également dans une logique de réemploi, en intégrant des éléments mécaniques issus de la production. Circuit court toujours.
De Bruxelles à Tokyo…
D’une hauteur de 56,5 cm et d’un diamètre de 29,8 cm, « Le Corseté » se décline en deux tonalités, appelées Kaolin et Acapulco. Exposé en décembre dernier au Musée de la Faïencerie de Gien, puis à la boutique Gien, voisine de la place de la Madeleine, à Paris, il sera de nouveau présenté, du 12 au 15 mars 2026 chez Gien, à Bruxelles (1 rue des Sablons). Une bonne occasion de grimper dans un Eurostar… Quant à Hélène Nepomiatzi, une nouvelle aventure l’attend. À savoir une exposition d’une dizaine de ses sacs à main, au printemps prochain, chez Super A Market à Tokyo. Parce qu’elle n’est jamais là où on l’attend…
Hélène Nepomiatzi est aussi ICI




