Il fallait y être. C’était le 10 octobre à partir de 18 heures… environ. Le 11 au matin, tout était décroché. Ça se passait au Loft Sévigné, où un trio de photographes avaient investi les murs immaculés de cette galerie du Marais. Parmi eux : Benjamin Didier. Fan d’Italie et de ses trésors – sa femme y est née -, il a arpenté les rues de Rome pendant des jours, à l’affût d’une lumière, une matière, une vue, une curiosité, un détail.

Noir & blanc et petit format

Le résultat ? Une série de tirages noir & blanc, en petit format (18 x 27), accrochés le temps d’une soirée. Tirages redevenus images le lendemain sur le site de Benjamin Didier. Photographe avec lequel, un jour de septembre 2009, j’ai fait le portrait d’un certain… Hugues Aufray.

Dolce vita, champagne et rouge à lèvres de jet-setteuse

Au fait, cette série romaine porte le titre énigmatique SPQR. Enigmatique pour celles et ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Rome. Car la ville est frappée de ces lettres un peu partout sur ses murs, ses trottoirs… SPQR signifie Senatus populusque romanus : « le Sénat et le peuple romain ». Quatre lettres comme emblème de la République romaine. Là, où d’aucuns n’y voient que la banalité d’un sigle, l’œil de Benjamin Didier y perçoit une identité teintée de dolce vita. Le meilleur pour la fin : on a aimé le champagne, les portraits noir & blanc réalisés par Alice Didier-de Bourgues – c’est elle l’Italienne mariée au photographe – et surtout la trace de rouge à lèvres laissée par la jet-setteuse Silvana Lorenz sur une coupe pas encore vidée.