Elle ferme son parapluie Hello Kitty rose et s’installe à la terrasse du Jardin de Verre, à deux pas de la rue Mouffetard, à Paris. Il pleut encore, mais elle reste dehors, cigarette oblige. De son sac, elle exhume un exemplaire de son dernier ouvrage : un Carnet de curiosités, dans lequel elle a mêlé images, collages et quelques « phrases curieuses » d’Amélie Nothomb et Matthieu Chédid, alias –M–, un copain d’enfance rencontré à l’occasion d’une partie de ping-pong dans le Quartier latin... Bienvenue dans le monde poétique et joyeux de la photographe Lisa Roze, qui se pose et s’expose, avec son drôle de carnet, chez agnès b. – 6 rue du Jour, Paris 1er – jusqu’au 30 juin 2026.
Du sténopé bricolé avec une boîte à chaussures jusqu'au studio de Paolo Roversi…
La photo, c’est venu vite dans la vie de Lisa Roze. Avec une première image qu’elle réalise à l’âge de 11 ans, grâce à un sténopé bricolé avec une boîte à chaussures. La suite ? Un stage à l’agence Sygma : « J’avais adoré ! » Un bac. Un job de vendeuse au Conran Shop parisien. Les mémoires de Nadar comme livre de chevet. Puis, à 23 ans, elle devient l’assistante du photographe Paolo Roversi. Une année plus tard, en 1996, elle accroche sa première expo Les gens et leurs métiers, chez Habitat, à Paris. Le début d’une longue série, puisqu’au fil des années, les images de Lisa Roze vont se retrouver présentées aussi bien au Bon Marché Rive Gauche qu’en galeries et même sur les murs du musée Carnavalet ou encore sur ceux du Petit Palais. À cela s’ajoutent une multitude de collaborations avec la presse – du Monde à Paris Match, en passant par Elle et Les Echos… – et de nombreuses pochettes de disques aussi bien pour Alain Souchon que pour Keren Ann, William Scheller, Arthur H… et, bien sûr, l’ami –M–. Créative, instinctive, touche-à-tout, Lisa Roze a également réalisé des vidéos clip avec Vanessa Paradis ou encore Thomas Dutronc. Cette année, retour au papier, avec son étonnant Carnet de curiosités, autoédité à 500 exemplaires, tel un objet rare, dont elle amorce l’histoire en 2020 et donne carte blanche au lecteur pour écrire la fin…
Voyages immobiles
Tout a commencé durant le premier confinement. Lisa Roze ressent alors le besoin d’écrire. S’épancher. Raconter. « Tenir un journal intime », dit-elle. Son nom : The Pandemic Diary. Au fil des jours, le carnet de bord prend des allures de carnet de voyages… immobiles. Un subtil mélange où photo, peinture, collage, souvenirs, poésie et fantaisie cohabitent pour former un monde à part, celui de Lisa Roze. Tout un univers sur lequel elle a souhaité poser des mots, ou plutôt « des phrases curieuses ». Elle sollicite alors –M–, son complice de longue date, et rêve d’embarquer aussi dans l’aventure, la romancière belge Amélie Nothomb, avec laquelle Lisa Roze partage une même passion pour le Japon. Mais pas de numéro de téléphone pour la joindre. Ni d’adresse mail. Elle lui écrit alors une lettre… L’auteure de Stupeur et tremblements répond et accepte de se prêter au jeu des mots écrits à la main sur les images de la photographe. –M– fait de même. Le résultat ? Des échanges vifs, inspirés, spontanés, légers. Le kit idéal pour décoller de la planète.
Lecteur contributeur
« À la fin du Carnet de curiosités, j’ai rajouté une partie Note Book, où chacun peut nourrir des rubriques comme My favorite museum, My favorite playlist, My favorite dessert… », détaille Lisa Roze. Le lecteur se fait contributeur et peut même décorer sa prose avec des stickers à dispo au milieu du livre. Chacun fait ce qui lui plait ! Clin d’œil à l’enfance et façon aussi de redonner envie d’écrire avec un crayon, un stylo, une plume… en français, en anglais ou en japonais, car les trois langues sont déjà présentes dans l’ouvrage. « Je voulais un objet cosmopolite », explique Lisa Roze, parisienne d’origine anglaise et japonaise. Une citoyenne du monde qui a vécu, gamine, aux États-Unis et confie avoir compris le rapport aux couleurs au pays du soleil levant. Son Carnet de curiosités se veut donc site de rencontres entre différentes cultures, personnes et pensées. « La curiosité pousse vers la rencontre de gens inspirants », dit encore la photographe, qui ne veut pas en rester là. Le 26 décembre 2026, chacun est invité à confier son exemplaire du Carnet de Curiosités, rempli, rythmé, animé, à Lisa Roze. L’idée étant d’exposer les « 7 mois de réflexions » de quelques-uns dans un lieu – encore secret – à Paris, en 2027. Avis aux amateurs.
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Carnet de curiosités, by Lisa Roze, avec préface et phrases curieuses de –M–, postface et phrases curieuses d’Amélie Nothomb. 38 € - disponible chez agnès b. (6 rue du Jour, Paris 1er) à La Fab (place Jean-Michel Basquiat, Paris 13e) ou encore à la librairie La nouvelle Chambre claire (3 rue d’Arras, Paris 5e) et sur www.lanouvellechambreclaire.com
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Exposition : jusqu’au 30 juin 2026, chez agnès b. -> 6 rue du Jour, Paris 1er
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Lisa Roze est aussi ICI




