Terroirs et territoires

Coup de fil d’un copain : « il fait beau dans ta campagne ? » « Ma » campagne : elle compte près de 300 000 habitants ; quand je me penche à la fenêtre, j’aperçois l’enseigne de la Fnac ; le tramway passe à moins de 200 mètres de chez moi… Epoque formidable. Amis Parisiens (je suis née chez vous), ouvrez les fenêtres ! A 90 minutes de TGV, rien à voir ni avec le plateau du Larzac, ni avec la Vallée de la mort. Cessez de rester confinés entre La Hune, Merci et le canal Saint Martin. Pas convaincus ? Alors prenez le temps de vous plonger dans la lecture d’un article intitulé « France, ils écrivent ton nom », paru dans l’édition du Monde datée du 1er octobre.  On apprend qu’une pléiade de romanciers français parlent de nouveau de leur terre natale ou rattachent leurs textes à un territoire. Comme si Paris n’inspirait plus. C’est le cas de Jean Rouaud, Annie Ernaux, Michel Houellebecq ou encore Tanguy Viel. A titre perso, j’ajoute à la liste mon ami Philippe Vilain. Dans son roman Le renoncement (Gallimard), il a cette phrase merveilleuse : « D’une ville à l’autre, je n’ai jamais été qu’un parisial ou, si l’on veut, un provincien ». Philippe Vilain est né à Rouen. Il vit aujourd’hui à Paris. Toujours sur les bords de la Seine.

©Waks