Courtesy of Terence Pepper Collection / Image © John Cowan Archive

Elle a été l’une des chefs de file du « Swinging London ». D’aucuns lui attribuent l’invention de la minijupe. D’autres lui associent d’office la coupe au bol « five-point cut » de Vidal Sassoon. D’autres encore s’inspirent toujours de ses imprimés pop… Mary Quant fait partie de ces personnalités qui ont bousculé la mode, les codes, et donner envie aux femmes de se libérer aussi bien des vêtements au-dessous du genou que des tâches ménagères chronophages et rébarbatives. La styliste britannique, née en 1934 et anoblie par la reine Elizabeth en 2015, fait l’objet d’une expo au V&A à Londres, jusqu’au 16 février 2020. Sur deux niveaux, on navigue entre microshorts, impers en PVC, robes courtes à col Claudine, couleurs, « flower power » – son logo « Daisy » est une fleur -… le tout rythmé par des photos d’époque, interviews filmées, croquis, archives. Sans oublier les souvenirs de la première boutique londonienne de « la dame », baptisée le Bazaar, sorte d’ancêtre folklo du concept store épuré d’aujourd’hui. Inauguré en 1955 sur King’s Road avec Alexander Plunket Greene, marié à Mary Quant, et leur associé Archie McNair, le Bazaar donnait ton, tonalités, mais surtout quartier libre pour tout oser. L’esprit Quant, c’était « réveiller » et révéler les femmes, sans rien imposer. Ouvrir des portes et des « possibles » pour vivre autrement et inventer une nouvelle féminité. Parce que le quotidien rythmé par la liberté de mouvement et facilité par des matière simples à entretenir, ça change tout.

Mary Quant, photograph by Ronald Dumont, c.1967. © Ronald Dumont / Stringer / Getty Images

Un mascara waterproof nommé Cry, baby

A ne pas manquer non plus : la lingerie en lycra, les bérets ou encore la Daisy Doll, poupée mannequin née en 1973 et positionnée pour rivaliser Barbie. Parce que si Mary Quant devait se marrer en créant des collants multicolores ou une robe rayée en twill de coton inspirée des costumes de banquiers, elle était aussi femme d’affaires. Ses rouges à lèvres, par exemple, permettaient à toutes les « petites Anglaises » de s’offrir du Mary Quant. Enfin, on aime l’audace de nommer un mascara « waterproof » Cry, baby : pas sûr qu’aujourd’hui, l’idée dépasse le stade du « brainstorming » improvisé devant la machine à café.

The Mary Quant Beauty bus, 1971 © INTERFOTO Alamy Stock Photo.