Une chambre en ville

Le bâtiment est immense. Majestueux. Sorti de terre en 1913 – sous le règne de François-Joseph -, il occupe tout un pâté de maison. Si bien que l’on peut rentrer par les escaliers de la façade, puis pousser la porte tambour. Ou préférer une entrée plus discrète, sur le côté, mitoyenne du salon de thé. C’est selon l’humeur. Mais il se murmure que plus les personnalités sont connues, reconnues, plus elles privilégient cette entrée des artistes. Anonymat, incognito, passage presque secret… Ça se passe comme ça dans cette ancienne banque, devenue hôtel de luxe estampillé Park Hyatt en 2014. Sa situation : Am Hof, l’une des plus belles places du centre de Vienne. QG idéal pour rallier le quartier des musées, les bords du Danube, les parcs, le Belvédère, les vignes alentours…

Anciens schillings, boutons de manchette et pochette blanche

Simplement en prenant un café au bar, on sait qu’ici, autrefois, banquiers, financiers, hommes d’affaires avaient leurs habitudes. Les murs et colonnes de marbre sont jaunis par la nicotine des cigares et cigarettes. Quant à la couleur vert d’eau du papier d’emballage des morceaux de sucre, elle est calquée sur la teinte des anciens schillings autrichiens. Même la carte des cocktails prend la forme d’une série de billets de banque, retenus en liasse par une pince. La salle de restaurant, c’est l’ancienne salle des caisses. Hasard – ou pas… -, le maître d’hôtel – que tout le monde appelle « Dominik » – y a déposé ses premières économies. « Parce que j’ai grandi dans le quartier », confie ce gentleman aux cheveux plaqués, boutons de manchette et pochette blanche. Il règne sur un espace tout en volume, où les cuisines s’ouvrent et se découvrent aux heures de repas, à la suite d’une surprenante levée de rideaux. Comme au théâtre.

Fumoir, cigare et whisky autrichien

L’Autriche fait de la résistance. Alors qu’en France, plus question d’allumer une cigarette dans un restaurant ou un bar, à Vienne, tout est encore permis. Le marbre de l’hôtel n’en a donc pas fini de jaunir. Quant au fumoir, c’est l’un des salons les plus prisés de cette ancienne Banque nationale austro-hongroise. Ici, on s’attarde. On prend le temps d’un cigare venu d’ailleurs, d’une liqueur ou d’un whisky autrichien. « Les habitués ont leur bouteille au coffre », explique Boris Roques Rogery, responsable de la restauration du Park Hyatt viennois. Des clés permettent d’accéder à des casiers, où une pléiade de bouteilles et flacons entamés attendent d’être vidés. On change d’époque, de rites, de rituels.

Royal Penthouse, « Bel étage » et salle de bal

Les chambres sont en étages. Certaines avec vue sur la place, les toits viennois, le potager de l’hôtel, d’autres avec salon, alcôve ou plafond mansardé. Et toutes avec une trace du parfumeur français Blaise Mautin, qui signe l’identité olfactive des produits à disposition dans chaque salle de bains. Que dire de la célèbre suite Royal Penthouse ? Juste qu’elle bat des records de taille – 820 m2 répartis sur deux étages – et d’espaces à ciel ouvert – elle compte quatre terrasses -. Actuellement, elle est occupée par un client… pour trois ans. Pas de chambres, en revanche, au « Bel étage » où, du temps de la banque, il n’y avait que des bureaux. Aujourd’hui, ce sont des salons et surtout une salle de bal, où queues de pie et robes longues sont de mise. On parle de plus de 2 000 bals organisés chaque année à Vienne. Comparées à ça, nos guinguettes et soirées de 14 juillet, avec pompiers et p’tites pépées, relèvent du folklore…

Piscine, « café mélange » et douceurs sucrées

Chaque année, le cabinet américain Mercer publie une liste de 230 villes dans le monde où « il fait bon vivre ». Pour la huitième fois consécutive, Vienne s’est hissée sur la première marche du podium en terme de « qualité de vie ». L’info a fait son chemin dans les couloirs du Park Hyatt. Le staff s’est passé le mot : pas question de décevoir le visiteur ou bousculer le voyageur en quête de calme, confort, émotion, sensation. Au sous-sol, le spa est fait pour trouver tout ça. La piscine aussi. Autre sas de décompression : la pâtisserie du rez-de-chaussée. On vient pour le « café mélange » – café allongé avec du lait -, les douceurs sucrées du chef Oliver Ivanschits, sans oublier… l’entrée des artistes. A suivre

Echappée belle à Vienne menée avec la complicité de Sophie Arbib. Exclusif Voyages propose 3 nuits en double deluxe au Park Hyatt Vienna, à partir de 2 370€ par personne, avec vols Paris-Vienne-Paris (Air France),  transferts privés de l’aéroport de Vienne, petits déjeuners et spectacle à l’Opéra. Réservation : 01 42 96 00 76.