Il fallait montrer patte blanche hier soir rue de Gribeauval. C’est où ça ? Dans le faubourg Saint-Germain. Entre Sciences (pi)po et Deyrolle. A côté de l’église Saint-Thomas-d’Aquin. Là où les SDF du quartier viennent se planquer, car la petite artère est peu fréquentée.

Deux « n », deux pattes, pince-fesses et faux-cul

Sac à ouvrir, carton d’invit’ à montrer et… on m’a quand même demandé si mon prénom s’écrivait avec un ou deux « n ». J’ai répondu que, pour l’heure, je n’avais que… deux pattes. Puis, en guise de comité d’accueil, une momie en folie s’est approchée : « Vous vous souvenez de moi ?… » « Euh… non…. Ahhhh… si ! » Au début des années 2000, je lui avais trouvé des piges et, en guise de remerciements, elle avait voté contre ma présence au sein d’une association de journalistes… Sympa, la copine capable de me sourire et de me vomir dessus dans le même quart d’heure… Le pince-fesses d’hier démarrait mal. Entre le gars qui me prend pour une bête de somme et la faux-cul de service, on était bizarrement barrés. Heureusement, les pompes cloutées d’un invité et le dos nu d’une fille, vêtue d’une tenue tout droit sortie de la collection d’oeuvres cinétiques de Denise René, nous ont fait rester.

Filles filiformes, bouffe vegan, DJ et SDF

On est allés noyer notre déprime dans un Coca et du champagne. Non, on n’a pas mélangé tout ça dans le même verre : on sait se tenir ! On a papoté avec Wendy et ses copines des agences C’Events et C’Models : la bande de filles filiformes, perchées sur des aiguilles, étaient chargées de faire passer les plateaux de petits fours… 100% vegan – nous, on aime bien, pourtant, le duo bidoche-frometon…-. Ouais… Betty nu Food – c’est le nom du « traiteur-créateur » – avait réalisé une « performance culinaire inspirée par les toiles de Bruno Moinard ». Oui, au fait, on était là pour le vernissage de l’expo Itinérance (jusqu’au 31 juillet) du designer, architecte d’intérieur et donc aussi artiste-peintre, Bruno Moinard. La petite fête avait lieu dans la galerie Diane de Polignac & Chazournes. Mais, canicule oblige, le gros des troupes – dont quelques figures des soirées Senso des années 2000 – avait envahi les trottoirs et même la rue, fermée aux voitures pour l’occasion. Tout ça sous les regards intrigués de deux sans-abri qui se retrouvaient squattés, alors qu’ils entamaient un semblant de dîner… Popote et melting « potes ». Et ils en prenaient pour une bonne partie de la soirée. Car la fête s’est poursuivie avec un concert sous un kiosque. A la manœuvre : le compositeur Laurent Couson et le DJ Charles Schillings. L’histoire ne dit pas si les SDF ont pu trouver le sommeil, s’ils ont migré ailleurs, refait le monde avec les invités ou… emballé les mannequins.