Au départ, on ne voulait rester qu’une heure. Car on avait prévu de couvrir aussi la 8e édition du « Prix littéraire de la Société Centrale Canine », Route d’Auteuil au Lac, dans le 16e Sud. Une curiosité qui avait sa place dans 1 Epok. A l’instar du fion – spécialité vendéenne – qui sera bientôt au menu du resto éphémère installé dans le village du Vendée Globe, au pied de la Tour Eiffel. On est comme ça sur ce blog : sans cesse en quête d’insolite. Finalement, on a planté les chiens, les maîtres, le jury du prix, et oublié de rappeler les cuistots vendéens pour rassasier notre faim de fion. On a préféré s’attarder au Carreau du Temple. Là où, jusqu’au 26 novembre, Hermès propose de rencontrer quelques-uns de ses artisans. L’événement, rythmé par des ateliers, discussions, dédicaces, s’intitule Hermès hors les murs : les mains, les gestes, les outils, les matières, tout s’affiche aux yeux de tous. L’entrée est libre et chacun peut regarder, échanger, dialoguer avec celles et ceux qui manipulent soie, cuir, verre, porcelaine, roulotteuse, tournevis, forme à gant, couteau à palette… un bonheur pour les yeux, pour l’esprit aussi. Observer Malika toucher, tourner, retourner et plier un cuir rouge pour le former et le transformer en sac, cela relève du tour de magie. Ici, on est ailleurs. Fini Paris. Le Carreau du Temple se fait halle à part, hors du temps, hors de tout.hermes-c-d-temple-b

Jolies filles, projet un peu fou et disserte sur le doute

Hier soir, l’inauguration de cet espace a rassemblé du monde. Et du beau. A commencer par les artisans de dix métiers différents. Autour d’eux, des journalistes, photographes, amis de la maison, jolies filles ou encore ce type, sorti de nulle part, tout en Supreme de la tête aux pieds. On a papoté avec la photographe Lisa Roze, l’illustrateur Roman Duvi, pris un verre avec Pascale Mussard – l’amie d’1 Epok -, calé un projet un peu fou avec un foulard – merci Claire et Marie-Hélène -, promis de se revoir avec le publicitaire Thierry Consigny, salué Jean-Luc Colonna d’Istria, parlé popote avec la styliste Nelly Guyot et disserté sur le doute avec la photographe Sylvie Becquet. Ahhh… qu’ils étaient loin les chiens d’Auteuil : à une vingtaine de stations de métro !hermes-c-d-temple-c

Montaigne, Henri IV et Jean-Louis Bory

« Le boulevard Saint-Michel n’a pas de secret pour moi ». Ça, c’est le photographe Pascal Benett qui l’a dit, entre deux verres de Roederer. Et pour cause : « J’étais au lycée Montaigne ». Un de plus sur la liste ! Tout de suite, ça crée des liens. Même punition pour sa femme, Marie-Hélène, elle aussi ancienne élève du bahut : « C’est le plus beau lycée de Paris. » Puis la conversation a glissé sur le Luco, le lycée Henri IV et les cours de Français que Jean-Louis Bory y donnait à la fin des années 1950. « Je l’ai eu comme prof », a confié Benett. Dingue : un de mes oncles aussi… Là, on avait vraiment décollé de la planète. Qui se souvient aujourd’hui de Bory ? Qui le cite dans une conversation ? Pas fréquent à l’heure où d’aucuns pensent que Gérard de Nerval est une marque de fringues et Montesquieu une maison de champagne. Il soufflait comme un vent de liberté, teinté de légèreté, hier soir du côté du Haut Marais.