Pas de meilleur teasing, pour la sortie du premier numéro « papier » d’1 Epok formidable, que la nouvelle expo qui démarre aujourd’hui à la BnF. Son titre : Icônes de Mai 68, les images ont une histoire. Du sur mesure pour notre revue, dont le thème est : Révolution. Révolution dans nos façons de voir, inventer, écouter, boire & manger, partir, penser… On a même « casté » une directrice artistique née le 14 mai 1968, un contributeur qui a poussé son premier cri le 14 juillet 1989 et un Anglais (célèbre) pour rédiger un billet d’humeur intitulé : « It is forbidden to forbid ».

Jeu de pistes, « nuit des barricades » et pelouses du Sacré-Cœur

Retour à l’expo de la BnF : jusqu’au 26 août, le site François Mitterrand propose de revenir sur la construction médiatique de notre mémoire visuelle collective. On suit par exemple la trajectoire, au fil des années, des fameux portraits de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS, signés Gilles Caron. Même scénario pour la « Marianne de 68 », immortalisée par Jean-Pierre Rey. Autre jeu de pistes avec les clichés en noir et blanc, devenus « classiques » de mai 68, et les images de l’événement parues en couleurs dans la presse de l’époque… Tout au long de l’expo, on déambule entre affiches, photos, journaux. Sauf pour la première « nuit des barricades », dépourvue de toute image et de toute icône. Il faut dire qu’on était loin du selfie et de l’instantanéité d’un Instagram pour témoigner, montrer, shooter. Pour ma part, je n’étais pas née en 68. Quant à mon complice Comtesse, qui a grandi du côté de Barbès, son souvenir de ce printemps « révolutionnaire » se résume à : « J’avais 8 ans. Les écoles étaient fermées. Et pour la première fois, avec mon cousin, on pouvait aller jouer sur les pelouses du Sacré-Cœur. Elles n’étaient plus interdites. »