Une chambre en ville

1 Epok a posé ses bagages à Amsterdam. Voyage express en Thalys. Moins de 48 heures sur place, mais le temps de flâner, voir une expo de Boltanski dans la plus vieille église de la ville, découvrir le travail décalé d’un photographe suisse qui cherche la femme idéale, rencontrer une directrice artistique, un cuisinier, pousser la porte d’un musée… et dormir dans un hôtel du Nord.

C’est sur le toit que ça se passe. La vue est époustouflante. Du Rijksmuseum au Vondelpark, on a droit à tous les plus beaux atours d’Amsterdam. Ce toit, c’est celui du Conservatorium, ancienne banque devenue conservatoire de musique, puis hôtel en 2011. Quant à la vue à 360 degrés, elle est réservée aux chanceux qui séjournent dans la suite 804. Ce triplex dispose d’une trappe électrique qui, une fois actionnée, permet l’accès à une terrasse sur laquelle deux matelas sont installés pour profiter du panorama et des beaux jours. Une chambre en ville aux allures d’île déserte en plein ciel.

Le beau qui fait du bien

Hauteurs sous plafond XXL, omniprésence du verre pour laisser passer la lumière naturelle, jeux d’escaliers entre anciens et contemporains, couloirs bordés de miroirs, céramiques d’origine et touches de couleur sur les murs… ce mélange des genres est signé Piero Lissoni. L’architecte et designer italien a revu et corrigé le modèle type de l’hôtel de ville. Avec lui, la réception se fond au lobby, un mur végétalisé sert de cloison entre un salon, ses sofas et une brasserie aux tables en bois et tabourets Bertoia. La déco devient décor, confort, réconfort. C’est ça sans doute, le beau qui fait du bien.

Infusion, tour de verre et suite penthouse

A l’heure du premier café, elle a préféré une infusion. A sillonner la planète pour son boulot, elle parle un français quasi parfait. Beatrijs Aghina est « creative manager ». En France, on dirait plutôt « directrice artistique ». Et à Paris : « D.A. ». Son job : « Je veille au maintien du style et du design dans l’hôtel, afin de poursuivre le travail de Piero Lissoni. » L’atmosphère à la fois feutrée et accueillante, discrète et élégante, du Conservatorium, c’est donc elle. L’interview touche à sa fin, mais pas l’infusion. La tasse encore chaude à la main, Beatrijs Aghina quitte l’atrium vitré de l’hôtel et laisse derrière elle l’étonnante tour de verre où se cache une suite penthouse.

Gastronomie, Asie, gin tonic et clubs anglais

Au Conservatorium, la culture se fait classique, mais aussi physique. Classique, car l’hôtel du groupe The Set – également à la tête du Lutetia à Paris, dont la réouverture est prévue en mai – se situe au cœur du quartier des musées. Il suffit de traverser la rue pour rejoindre le Rijksmuseum ou le musée Van Gogh. Quant à la culture physique, c’est au spa qu’elle se pratique. Par exemple, dans la piscine longue de 18 mètres. Et si l’on préfère prendre l’air, on peut aussi se dégourdir les jambes en flottant sur les canaux… à bord d’un pédalo. L’anecdote fait sourire Hugo Engels, aux fourneaux du restaurant Taiko, le gastronomique asiatique de l’étape. Etape qui compte aussi un bar, fort bien pourvu pour concocter toute une déclinaison de gin tonic, et une brasserie. « Taiko, c’est le nom des anciens tambours japonais », explique le chef. L’un de ces tambours trône d’ailleurs à l’entrée du restaurant. Une curiosité. A l’instar de la boutique de cigares, sous laquelle on peut fumer ce que l’on vient d’acheter, installé dans un salon inspiré des clubs anglais. Déambuler dans le Conservatorium, c’est déjà voyager un peu et se dépayser beaucoup. A suivre

Echappée belle à Amsterdam menée avec la complicité de Sophie Arbib et Exclusif Voyages.