Parfois Paris se fait multiple, en un espace temps très limité. C’est sous cette facette, entre délices et délires, que la capitale nous est apparue le 23 novembre. En trois lieux et à trois moments différents, trois atmosphères vues et trois expériences vécues. Voici la deuxième :

17 heures. On est en retard. La visite presse, c’était à 16 heures. Mais on a traîné en route. Ne pas regarder sa montre, c’est ça aussi, la flânerie… On a donc raté la présentation « officielle » des œuvres de l’expo Les mains sans sommeil, installée au Palais de Tokyo jusqu’au 7 janvier. Cet événement, orchestré par la Fondation d’entreprise Hermès, réunit les travaux des neuf plasticiens qui ont participé aux trois dernières années du programme de résidences d’artistes au sein des manufactures Hermès. A titre d’exemples, Clarissa Baumann était chez Puiforcat, Io Burgard à la maroquinerie de Seloncourt, Anastasia Douka chez John Lobb ou encore Lucia Bru à la cristallerie Saint-Louis.

Artistes, artisans et baby-foot

L’idée était de donner carte blanche aux artistes. Le résultat ? Des œuvres inspirées par ce que Gaël Charbau, commissaire de l’expo, appelle « l’autonomie que la main acquiert ». Car artistes et artisans se font ici complémentaires : « Les artisans sont des passeurs de gestes guidés par le savoir-faire, les artistes sont des inventeurs de formes traversés par le laisser-faire. » Et justement, il faut se laisser faire, voire se laisser porter dans l’espace investi par la bande des neuf, au sous-sol du Palais de Tokyo. Avec une réinterprétation du baby-foot qui invite à sourire. Une profusion de souliers colorés qui incite à réfléchir. Et que dire des cristaux détournés de leurs usages premiers ?… Peut-être tout simplement qu’ils sont beaux, jetés à terre, et que les serveurs du traiteur Saint Clair ont passé la durée du cocktail à éviter de… marcher dessus. Remake politiquement correct de The Square.

Maestro, extra et buffet réservé

Le traiteur, vous avez dit Saint Clair ? Donc Georges est à la manœuvre… En effet, le maestro des buffets parisiens était le chorégraphe d’une valse de plateaux menée – comme toujours – avec brio. « Bonsoir madame… » Ça, c’est Coline, en extra ce soir-là pour le traiteur et accessoirement étudiante dans une Licence où je donne des cours de com’… Oui, Paris vraiment tout petit. Quant à Georges, il a dressé un mini buffet réservé à l’équipe du blog : qu’il soit désormais déclaré « complice d’1 Epok », beauté du geste oblige.

Echappée et visite en solo

Campés entre les cristaux renversés et le baby-foot réinventé, on a refait le monde avec l’ami Thierry Consigny, croisé Françoise Nyssen, échappée de son ministère le temps d’une visite en solo de l’expo, observé une paire de bottes pailletées et salué Georges – désormais, on l’embrasse… -, car la virée n’était pas terminée. « Vous allez chez Christofle ? » a demandé Consigny. Non, on avait déjà fait l’escale. Après le Palais de Tokyo, on nous attendait du côté du Palais Royal. De palais en palais… A suivre.