Carlo Maratta, L’Apparition du Christ a? saint Charles Borrome?e, vers 1670-1675, Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun; colle? en plein, 760 x 244 mm © Muse?es d’Angers

Carlo Maratta, L’Apparition du Christ à saint Charles Borromée, vers 1670-1675, Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun. © Musées d’Angers

Ça a commencé avec une Chevrolet Impala. Couleur gris déglingue. La bagnole m’a frôlée avant de remonter la rue Toussaint, direction le château d’Angers. Il était dix heures du matin, horaire d’ouverture du musée des Beaux-Arts. Là, je voulais voir de près l’esquisse du Radeau de la Méduse et ce dessin de David d’Angers qui représente quatre membres de l’Institut : Garnier, Percier, Cortot et Ingres. Une autre époque -formidable-. Ces deux pièces font partie d’une expo intitulée La Fabrique de l’œuvre et consacrée aux dessins des musées angevins. Une collection de 13 500 feuilles issues d’un cabinet d’arts graphiques, où une pléiade de grands noms se côtoient : Vouet, Poussin, Boucher, Fragonard, David, Guérin, Ingres, Géricault, Delacroix, Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Friedrich… Une fois dans le musée, il faut suivre aussi « la ligne bleue ». Car elle mène sur les traces d’un « contrepoint contemporain » : des Intentions graphiques, menées par une quinzaine d’artistes, et l’installation éphémère -sous la forme d’un wall painting– d’Eric Winarto, invité en résidence. Reco perso : au sous-sol du musée, on prend le temps de lire, sur les murs, les définitions des mots académie, filigrane, poncif, graticulage, modello… et on fait escale dans l’atelier reconstitué, histoire de laisser deux ou trois choses sur « le mur d’expression ». Pas si souvent qu’on nous donne carte blanche, à Angers ou ailleurs. Avec ou sans Chevrolet Impala croisée sur sa route.

Pierre-Jean David d’Angers, Caricatures, vers 1826-1838, Plume et encre. © Musées d’Angers