C’est parti ! Jusqu’au 22 octobre, le Grand Palais accueille artistes, galeries, marchands, collectionneurs, amateurs, curieux… le temps de la 44e édition de la Fiac. La Fiac… pas la Fnac ! Fiac, pour « foire internationale d’art contemporain ». Les mauvaises langues disent « foire » tout court. Hier, on a même entendu dans les allées du palais : « C’est pas une foire, mais une farce… »

« Off », jeu de piste et « hors les murs »

Et que dire du « off » ? De l’appartement haussmannien transformé en galerie d’un soir à l’expo Artur Lescher au Palais d’Iéna, en passant par le Palais Royal qui fait son Carré latin, on a l’impression d’un jeu de piste dans Paris. On sillonne, on se balade, avec ou sans coupe de champ’ à la main. On croise des copains, on fait des rencontres dont on perd les cartes de visite… ou pas. La Fiac a même son « Hors les murs », pour pousser plus loin encore l’échappée : Tuileries, place Vendôme, musée Delacroix… on passe d’une rive à une autre, d’un happening à un autre. Il y a profusion de créations, d’artistes, d’objets, d’intentions, de prétentions aussi.

VIP, cartons et mails de confirmation

Une chose est sûre : il y a du spectacle. Surtout au Grand Palais. Et ce, dès l’entrée, avec des organisateurs désorganisés, qui s’emmêlent les pinceaux entre VIP, invités, cartons, badges et mails de confirmation. Puis, faut montrer patte blanche et ouvrir son sac. Ensuite, seulement, c’est l’entrée dans… l’arène.

Costard panthère, « gothic trucks » et Vache qui rit

Bain de foule et bain de vapeur. Faut penser à s’habiller léger, sinon ça fait vite sauna. On plaint les nanas sur leurs talons aiguilles. On s’amuse des tenues improbables sorties pour l’occasion : veste à fleurs, costard panthère, robes pailletées… Tiens… du Mapplethorpe sur un mur. Et là, du Warhol. Plus loin, du Prouvé qui côtoie du Bouroullec, en présence de Ronan, car le design est de retour cette année à la Fiac. On croise aussi le génial Julio Villani. Puis, on fait escale au Lab’Bel de Laurent Fiévet, pour la boîte collector de Vache qui rit, enrichie d’une vingtaine d’images de pneus sculptés, roues à rayons et « gothic trucks », que l’on doit à l’artiste belge Wim Delvoye. Vendue 5 euros comme l’an dernier, c’est l’œuvre la plus accessible de la Fiac. Et comme avec un album Panini, on peut échanger ses images en double et se faire plein de copains… collectionneurs.

Cafet’, cello et gars de la sécu’

Un coup à boire ? Rien sur les stands. Reste la cafet’. Au milieu des sandwiches sous cello et autres bouteilles de flotte en plastique, un ruineux Ruinart facturé 90 euros… ça refroidit et ça coupe la soif aussi sec. Idéal sous la coupole du Grand Palais, où la température n’a plus rien à envier à celle d’un cours de yoga bikram. Par ici la sortie ! Refouille des sacs. « Pourquoi ? » « Pour voir si vous ne repartez pas avec des œuvres… Cette fouille est encore plus importante qu’à l’entrée… » C’est un gars de la sécu qui le dit. Morale de l’histoire : on peut rentrer avec un flingue, mais pas ressortir sans le ticket de caisse de sa boite de Vache qui rit. Vous voilà prévenus. Une « farce », a dit cette langue de vipère… Le réalisateur Ruben Östlund en a carrément fait un drame : The Square vient de sortir sur les écrans. Faut-il y aller avant ou après la Fiac ? A vous de voir.