Elles sont gamines. L’une est coupable d’un crime. L’autre est témoin. Le tout se passe dans un bâtiment désaffecté, au cœur d’une cité. Là, où d’aucuns sont prêts à beaucoup pour un peu plus de confort, de réconfort et… un paquet de gâteaux. Parce que c’est pour quelques biscuits que le drame va gâcher deux vies. Celles d’Aurore et Maya, dont les routes se recroisent vingt-cinq ans plus tard, par hasard… Que sont-elles devenues ? Comment vont-elles agir, réagir ? C’est cette confrontation, brutale mais nécessaire, que met en scène Laetitia Masson dans la mini-série intitulée Aurore, à voir sur Arte le 11 janvier à 20h55.

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Age de déraison, version platine et fil du rasoir

En trois épisodes, on passe de l’enfance, flippante et violente, à l’âge adulte, qui se fait à la fois âge de raison et de déraison. Avec une quête de la confiance en l’autre. Une attente de pardon aussi. Deux missions impossibles ? En tout cas, compliquées… C’est tout cela que conte et raconte Laetitia Masson dans cette fable moderne et sombre, servie par un casting d’exception. Elodie Bouchez, en version platine, campe une Aurore à la fois combative et sans cesse sur le fil du rasoir. Lolita Chammah, tout aussi bluffante, communique mieux avec les chevaux qu’avec les humains et semble n’avoir plus qu’une seule alliée : la folie. A ce duo bouleversant s’ajoute la prestation d’Aurore Clément, parfaite en mère paumée, alcoolisée, qui erre entre caravane et bar sordide. Ou encore celle d’Hélène Fillières, en flic désabusée qui lutte pour ne pas se déshumaniser. La chute ? Chut… on ne dit rien. Excepté que le retour sur le lieu du crime relève de l’évidence, telle une délivrance. Pour boucler une boucle. Ou plutôt pour tenter de trouver l’issue d’une spirale infernale.