Déco décodée

Expédition à Villepinte pour l’édition de rentrée du salon Maison & Objet. L’horreur du RER. Et huit halls à visiter une fois sur place. Autrement dit : mieux vaut prévoir le lit de camp, car il faut déjà au moins trois heures par hall -et au pas de course- pour se faire une idée du contenu de chaque stand. Au passage, les chaussures ultra confortables sont de rigueur : j’ai aperçu deux nanas pieds nus, escarpins à la main. Elles n’avaient pas forcément tort, sauf de ne pas s’être dénudé que les pieds… Pour ma part, j’ai rendez-vous au « Club ». Je dois y interviewer un architecte. Evidemment, je ne trouve pas le « Club » tout de suite. Des tours, détours et retours. Ça y est. Je repère une bande de minets bronzés et gominés en guise d’hôtesses d’accueil d’un espace soi-disant VIP. Humm… VIP : « very important pétasses » ? On se le demande, à voir les filles enRayBannées, over-branchouilles et over-branchées sur leur iPhone qui s’y pressent. L’archi m’attend, accoudé à un long bar. Mais pour rejoindre ce comptoir géant -à faire fantasmer un fidèle des AA-, il me faut traverser un immense salon –tout est surdimensionné à Villepinte- où, là, je me crois propulsée au milieu d’un dessin de Jean-Philippe Delhomme. Des visages qui dévisagent et des bobos de la déco partout. J’ai 30 minutes chrono pour poser une dizaine de questions à l’archi, me murmure à l’oreille une ex-gloriole de la com’, pro de l’intox et accro au Botox. Car après, c’est au tour de la télé d’interviewer l’archi en vue. Trente minutes chrono plus tard, donc, re-horreur du RER et surtout erreur d’horaire : il est près de 18 heures et tout le monde quitte Villepinte en même temps. Les wagons sont bondés. Difficile de respirer. Les autochtones de La Courneuve n’ont plus de place pour s’asseoir. Epoque formidable : deux nanas commentent la déco de leur futur salon au moment même où le RER longe un campement improvisé de SDF. Elles n’ont rien vu et ne verront jamais rien : on ne refait pas les VIP de Villepinte.