Taillé dans le rock

20150831_141351-1La ligne 10 du métro parisien connaît plusieurs temps forts dans l’année. Lors des soirs de matches au Parc des princes, durant les tournois de Roland-Garros et à l’occasion de Rock en Seine. Subitement, les rames se remplissent non plus de maillots de supporters du PSG ou de casquettes estampillées RG, mais de filles et de garcons tatoués, enRaybannés, en short et Stan Smith -souvent avec mini chaussettes-, bronzés et piqués par des moustiques. Ça sent le retour de vacances et aller écouter de la pop ou du rock dans le parc de Saint-Cloud, c’est un peu comme prolonger l’été. Surtout que ce week-end était estival dans la capitale. Les organisateurs parlent de 120 000 visiteurs en trois jours. Hier, c’est vrai, c’était bondé. Surtout pour les Chemical Brothers, dont les fans arboraient les t-shirts dès La Motte-Picquet-Grenelle. Sur les pelouses de Saint-Coud, l’ambiance se voulait plutôt bon enfant, voire familiale. Quelques curiosités tout de même, comme cette fille et son sac en toile frappé des mots “Recycle or die”, d’autres cumulant jupe ou robe en Liberty et couronne de fleurs sur la tête, ces couples avec BAB -bouchon anti-bruit- dans les oreilles -pour remplacer les écouteurs de l’iPod ?!-, sans oublier ce néo rasta qui préparait son joint à l’aide d’une fourchette : j’ai cru qu’il allait se servir du cône comme d’un cornet de frites et picorer l’herbe comme une salade. Epoque formidable. Bon, on manque de marcher dans les assiettes d’adeptes du “pique-nique-partout”, on piétine quelques pieds et reçoit quelques coups de sac à dos -comme dans le métro-, mais le jeu en valait la chandelle : au bout de ce road trip urbain, balisé d’agents de sécurité, verres de bière et barbus en chemises à carreaux, il y avait la voix rauque de Mark Lanegan.