Les bébés des bobos

J’ai vu une femme donner le sein à son bébé dans le métro parisien, sans lâcher son sac Goyard. Vu aussi : un père, panama sur la tête, changer la couche de son enfant, par terre, place Colette, à deux pas des jardins du Palais Royal. Hier, j’en ai vu un autre, en marcel, faire la même chose à la terrasse d’un café, où les tables étaient quasiment à touche-touche… La couche pleine s’est donc retrouvée à quelques centimètres de ma tasse de café. J’ai payé. Je suis partie. Les bobos font des bébés et ont un malin plaisir à les élever comme on improvise un petit plat avec les restes de la veille. L’aléatoire fait partie de leur quotidien. L’hygiène incertaine aussi. A croire qu’ils ont une attirance innée pour le quart-monde, sans vraiment savoir à quoi cela ressemble. Car au-delà du périph’, point de salut. Loin des « hot spots » que sont le Bon Marché, sa Grande Epicerie, Merci et Bonpoint, ils ne vivent plus. Ne respirent plus. Epoque formidable ? Oui, à condition d’ouvrir les fenêtres de temps en temps… en quête d’air pur et de légèreté.

A lire pour rire: « Bienvenue à Boboland » de Dupuy & Berberian (Fluide glacial).