1 Epok aime Les Bains. Pour son histoire, sa renaissance, sa faune d’hier, celle d’aujourd’hui, sa culture de la différence, son sens de la fête… En 2018 comme dans les années 1980, une fois la nuit tombée et les premiers verres vidés, on se parle sans se connaître, on refait le monde avec le voisin de comptoir, on guinche avec la groupie du DJ, on trinque avec un bringueur dont le réveil ne sonne « jamais avant 15 heures », on croise des copains, on salue un ex-dentiste devenu artiste « conceptuel », on se marre avec une fille qui se présente en une phrase : « Je pèse 43 kilos ! »

Piste aux étoiles, Grossi et Negroni

Ce soir-là, Les Bains inauguraient Roxo, le nouveau resto de l’institution du 7 rue du Bourg l’Abbé. Une table en version très originale, avec décalage immédiat, grâce au brésilien Bruno Grossi. Avant Les Bains, ce chef a suivi la piste aux étoiles : il est passé dans les cuisines de Marcus Wareing, double macaron Michelin à Londres, et dans celles de Guy Savoy, triple étoilé à Paris. Grossi sait donc faire du bon qui nous fait du bien. Mais aux Bains, de surcroît un soir de fête, c’est aussi au bar que ça se passe. Avec des barmen endurants, performants, créatifs, inventifs, sans pour autant négliger les classiques, comme Eric, maître ès… Negroni !

JoeyStarr, Blondie et « monsieur Smith »

On a aimé la blonde qui souriait tout le temps à tout le monde, la brune en robe pailletée, la danseuse solitaire, la tatouée dessus mais sans dessous, les séances selfies avec JoeyStarr. On a été bluffés par les versions contemporaines d’une Blondie sapée tout en tigré et d’une Joan Jett sur le retour, en cuir noir de la tête aux pieds. On a repéré une pâle copie de la Westwood, un pseudo Warhol, une version gay de Kurt Cobain, un sosie de Dominique Dalcan en train de piquer la conquête d’une nana… On a papoté avec Boris – « pas Maurice… » – jamais sans un verre dans chaque main, et Maxence qui ne sait pas ce qu’est « un soir sans sortir » : « Hier, j’étais chez Castel…. Y’avait Beigbeder… » Pas possiiiiible !!! Enfin, désormais on connaît deux « monsieur Smith » : Paul et Thomas. C’est qui, Thomas Smith ? Un photographe qui traîne le soir dans Paris. De ses errances nocturnes est né The Party Diary, sur Instagram : ça vaut le coup d’aller voir, car il collectionne les clichés de jolies filles, femme-léopard, excentriques, anar-chic. Bref, il a l’œil.