A Paris, à chaque fashion week, c’est la même histoire. La moindre galerie, arrière-boutique, rooftop déserté ou appartement vidé s’improvise soudain showroom de vêtements, souliers, accessoires… L’euphorie dure huit jours. La moindre location se facture plusieurs milliers d’euros. Le prix des chambres d’hôtels s’envolent et celui du café, ça dépend où on le prend…

Modeuses, habilleuses, fesses et front row

Côté faune, c’est pas mal non plus : on croise des mannequins dans les rues, le métro. Des modeuses refont le monde au bistrot. Les coif-maq’ – en décodé : coiffeurs-maquilleurs – bossent non stop. Les habilleuses ont des montées d’adrénaline. Les terrasses du Marais affichent complet. Les divas de la presse se parent de leurs plus beaux atours pour poser leurs fesses sur une chaise, un banc ou même une caisse en bois, du moment que c’est en front row. Et quelques créatures en profitent pour sortir de leur retraite, histoire de voir et se faire voir… Paris se fait alors fête : fête de la mode, de la musique et même fête foraine, si on patiente jusqu’en juillet et qu’on fréquente les Tuileries.

Streetwear, street style, cookies et Coca

Effervescence, agitation, gesticulation… tout se mêle et se mélange. En marge des défilés, on croise aussi bien des filles en mini-short qu’en maxi-jupe, en baskets ou en sandales Chanel avec socquettes Dior, des types en costume trois pièces et d’autres… en survêt’. Alors pas le « trois bandes », non. Là on parle de streetwear et de street style. Un univers où les Stan Smith sont aussi incongrues à porter que des Moon Boots sur une plage en été. En tout cas, au happening GEYM (pour : Go East Young Man), marque fondée en 2016 par le trio Erber-Dreyfus-Sérieux, on a maté des baskets en série limitée, des bombers bien coupés et des capuches qui font tout sauf caillera. Ces pièces, issues de la collection SS19 – en décodé : spring-summer 2019 -, étaient portées par des mannequins qui se succédaient sur des dalles de béton, au sous-sol de l’Hôtel National des Arts et Métiers. Face à eux : invités polyglottes, VIP avec lunettes noires et curieux venus voir. Sur le bar : mini-burgers, cookies, Coca et vin blanc. Trop tard pour le soda, trop tôt pour la bibine. On a quitté les lieux, raté l’ami Jules Gassot et fini avec Isabel, la reine de la margarita, au comptoir de chez Joe Allen. Une adresse old school, ignorée des fashionistas, mais… on ne se refait pas.