Sous les pavés… la plage. Et ça se passe dans la vitrine de la boutique Bernardaud, rue Mazarine. On est à l’orée du Quartier latin, là où un demi-siècle en arrière, les pavés volaient… En 2018, ils ne se jettent plus, mais se posent sur du sable et le pavé de rue parisien est remplacé par un pavé de porcelaine limougeaud. Ce clin d’œil de la maison Bernardaud, à un épisode agité de l’histoire de la France, est signé Bachelot Caron. Le duo d’artistes – Louis Bachelot et Marjolaine Caron – a imaginé une série de cinq pavés différents : un tout blanc et quatre autres déclinés sur les thèmes Manifs, Paris, Pouvoir et Sixties, illustrés par des clichés de l’époque pris par le photographe Gilles Caron. Cinquante ans de mai 68 obligent : les pavés illustrés sont édités à 68 exemplaires chacun. Quant au modèle immaculé, il en existe 1968 pièces. Le chef cuisinier Yves Camdeborde, venu en voisin le soir de la présentation de ces séries limitées, a aimé le geste et les objets. Quant à Michel Bernardaud, il dit s’être « beaucoup amusé » à concevoir ces pavés néo-révolutionnaires.

Vents, mers, marinières et cabine de bain

De la porcelaine aussi chez Empreintes, rue de Picardie. Et un soupçon de contestation avec une expo baptisée « A contre-courant », car inspirée par les vents, mers et marées… De la porcelaine alliée à la faïence, au grès, verre, métaux ou papier. Autant de matières premières pour une installation sans pavés, ni sable, mais avec des coquillages, marinières, baigneurs, oursins, bleus outremers ou poissons qui parent et s’emparent d’une cabane aux allures de cabine de bain. Le tout réalisé par des céramistes, verriers, artistes textiles, sculpteurs… Des créations et des créateurs à découvrir jusqu’au 28 juillet.