Le Grand Palais peut tout accueillir : de l’art, des chevaux, des défilés de mode… y compris le Théâtre du Châtelet. Durant la vague de travaux dont celui-ci fait actuellement l’objet, il s’exporte hors-les-murs et il a donc trouvé refuge au Grand Palais pour 47 représentations de la comédie musicale Singin’ in the Rain. Mais, une fois la scène et les gradins installés, il restait encore 7 000 m2 à investir. Résultat : pour animer et combler les abords du théâtre recomposé, les organisateurs ont garé deux food trucks, créé des cours de claquettes, un karaoké, campé un studio photo et invité l’artiste Laurent Fiévet à exposer une surprenante installation.

Corps malmenés et acrobaties démultipliées

Conçue en 2014 et baptisée Dislocated, celle-ci se compose de trois écrans sur lesquels se confrontent cinq montages inédits, réalisés à partir d’extraits des films Sous le ciel d’Argentine, Banana Split, Tous en scène, West Side Story et Mary Poppins. Ces comédies musicales sont subtilement coupées, découpées, montées, remontées, puis synchronisées pour créer des effets d’allers et retours, malmener les corps des uns, démultiplier les acrobaties des autres…

Entre communion et cohabitation

Ça va, ça vient… On se laisse prendre au jeu et par le rythme d’une nouvelle logique sonore, imposée par les montages. La première impression est celle d’une communion entre acteurs et danseurs venus de films et d’univers différents. Une sorte de cohabitation imposée. Un peu comme dans une boîte de nuit, où les barrières culturelles et sociales tombent, le temps d’un tube ou d’un set de DJ. L’installation est en place jusqu’au 11 janvier, date à laquelle la troupe du Châtelet repartira sur les routes. Car elle ne retrouvera ses locaux rénovés que dans… deux ans.