C’est l’ami Jules Gassot qui nous a mis la puce à l’oreille. Et pour cause : son recueil de nouvelles, Un chien en ville (Editions Payot Rivages), concourait pour le 35e Prix littéraire 30 Millions d’Amis. Parce que si les animaux ne prennent pas encore la plume, les humains écrivent sur les bêtes. Et ce prix récompense un bouquin qui parle de chiens, de chats, bref de bestioles en tout genre.

Twiggy, mille-feuille et chèque de 3 000 euros

Le ban et l’arrière ban d’1 Epok étaient donc dans les starting-blocks, le 21 novembre à 14 heures pétantes, pour l’annonce des résultats. Rendez-vous pris à l’entrée du salon Goncourt chez Drouant. Et derrière les portes encore closes, ça papotait dur. Le jury au grand complet devait trancher. C’était l’heure du choix parmi les sept auteurs en lice. Un jury composé d’amis des bêtes, à commencer par Didier Decoin, de l’Académie Goncourt, qui a évoqué en aparté ses « six ans de vie commune » avec sa chatte Twiggy. Le reste de la troupe réunissait Michel Houellebecq, Irène Frain, Reha Hutin, Jean Loup Dabadie et Frédéric Vitoux de l’Académie française, Frédéric Lenoir, Didier Van Cauwelaert et Teresa Cremisi. Il y avait du bar au menu, un mille-feuille en dessert et un chèque de 3 000 euros pour le lauréat. Une somme que l’heureux gagnant s’engage, chaque année, à reverser à une association de protection animale.

Petit coin, scrutin et Bouvier bernois

Le jury a lambiné. Ça a pris du retard. D’abord vingt minutes. Puis vingt minutes encore. Decoin est parti avant la fin. Van Cauwelaert s’est échappé au petit coin. Enfin l’annonce : exit Gassot, c’est Michel Jullien pour son roman Denise au Ventoux (Editions Verdier) qui a été élu au premier tour de scrutin. Au fait, c’est qui Denise ? Une femelle Bouvier bernois, ancienne élève de l’école des chiens d’aveugles, qui va quitter Paris pour une balade sur les pentes du Ventoux… Le jury a également attribué, à l’unanimité, le prix du « Document » à Charles Foster pour son ouvrage Dans la peau d’une bête (Editions JC Lattès ).

Champagne, Houellebecq et Canicoiff

Le cas Houellebecq a, bien sûr, occupé les journalistes et photographes présents. En amont. Comme sur le vif. En amont : « Je suis venu pour le prendre en photo », a confié l’un. « J’aimerais bien lui poser quelques questions », a dit un autre. Pour faire patienter, une serveuse a proposé des cafés, de l’eau… du champagne. Personne n’a osé la coupe à 15 heures. Sur le vif : Bernard Lehut, armé de son micro frappé du logo RTL, a filé droit sur Houellebecq, « l’homme à rabattre ». Quand d’aucuns tentaient de choper Dabadie, qui se disait attendu ailleurs, on s’est éclipsés. Et c’est sur le trottoir qu’on a fait ami ami avec Houellebecq et un duo de bouledogues. Une réunion au sommet qui valait tous les shoppings à La Niche du BHV et autres escales chez Canicoiff’.