« Si vous voulez apprendre à découper un jambon, c’est par ici que ça se passe… » « Ici », c’était à la mairie du 1er arrondissement, à deux pas du Louvre, à l’occasion du vernissage de l’expo de l’artiste Eduardo Chillida Belzunce. Peintre et sculpteur, ses tableaux, inspirés aussi bien par Paris et la Seine que par l’Infante de Velasquez, sont accrochés jusqu’au 18 novembre dans la galerie du rez-de-chaussée de la mairie. Quant à ses sculptures, elles sont installées devant l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, jusqu’au 3 janvier. Pour fêter la venue de cet artiste, fils du sculpteur basque Chillida, un pro du couteau a fait une démo de coupe et découpe d’un jambon ibérique. Idéal pour agrémenter le cocktail. Mais impossible de patienter jusqu’au mot du maire, Jean-François Legaret, car on nous attendait pour remettre un prix à Félix Botella, du côté de La Fourche. On a félicité Eduardo Chillida, salué Carla Arigoni, présidente du Comité municipal d’animation culturelle du 1er arrondissement, puis on a filé du côté du 18e.

Loft, tapis roulant et cabinets de kiné

Au fait, c’est qui Félix Botella ? Un designer, promo 2014 de l’école Strate et lauréat national du James Dyson Award 2017. Une récompense qu’on lui remettait en début de soirée, dans les locaux flambant neuf de Dyson France, qui a quitté un immeuble haussmannien de la rue La Boétie pour lui préférer un immense loft aux abords de la place Clichy. Quant au jeune Botella, s’il a été récompensé, c’est pour son projet EzyGain. C’est quoi, ça ? Un tapis roulant de rééducation à la marche, destiné aux maisons de retraites et cabinets de kiné. Son signe particulier : un dispositif qui permet d’alléger le poids du patient par le bassin. Malin. Devenu marchand de tapis, Botella s’apprête à livrer son invention dans plusieurs établissements pour personnes âgées et à la faire concourir pour l’édition internationale du James Dyson Award. Après les discours, la remise d’un chèque au lauréat et les sourires de sa mère, très fière, on a débouché bouteilles de rouge, blanc et cidre, en provenance de la Grande Epicerie de Paris, qui a désormais sa sœur jumelle, rive droite.

Scéno, tapis déroulés et buffet en édition limitée

Dernière étape d’une soirée aux allures de traversée de Paris : le showroom Roche Bobois, boulevard de Sébastopol. Parce qu’après un Botella, on allait voir un duo de… Borella : Christine et Nicola, tous deux designers et architectes d’intérieur. Antonin Roche, patron de Roche Bobois Paris, leur a confié la scéno du rez-de-chaussée de la boutique du 3e arrondissement. Et ce d’autant que les Borella viennent de dessiner tapis et assises pour la marque. C’était une présentation « officielle » du travail des archis. Plateaux de petits fours et coupes de champagne naviguaient entre canapés, tables basses, sans oublier le surprenant buffet-sculpture Zéphyrus, dessiné par Giacomo Garziano et édité à 55 exemplaires.

Bowie, baskets Nike et retour au jambon

Dans une bibliothèque, les Borella ont glissé quelques pièces qu’ils affectionnent, tels que des bouquins consacrés à Bowie ou des baskets Nike. Un décalé bien orchestré, que les invités ont apprécié. A commencer par Paola, la sœur de Carla… La sœur de qui ? De celle qui recevait en début de soirée avec le jambon prêt à être découpé. Paris, toujours tout petit. Mais on s’y amuse encore, si on sait slalomer et rester léger.