Comme chaque année, ça se bouscule dans les allées de Paris Photo, au Grand Palais. Le jour de l’ouverture, on accueille, dans l’ordre d’entrée en scène : les galeristes, les acheteurs et collectionneurs, la presse, les invités. Le grand public, c’est seulement après. Côté VIP, que des Smith : l’an dernier, c’était Paul. Hier, c’était Patti. L’an prochain, on parie sur… Will ?

« Cher… pour un poster »

Comble du consensus : pour cette édition, c’est Karl Lagerfeld qui pose son regard sur le « petit » monde de la photo. Pourquoi « petit » ? Parce que tout le monde se connaît, se reconnaît. Et parce que bon nombre de galeries ne se prennent pas le chou et accrochent les mêmes images qu’aux éditions précédentes. Ça tourne un peu en rond tout ça. Certains tarifs s’envolent aussi. Quant un tirage de Lartigue flirte tout juste avec les 1 500 euros, le portrait de Patti Smith par Mapplethorpe, qui a servi à la pochette de l’album Wave, s’affiche à près de… 430 000 euros. « Cher… pour un poster », a commenté un visiteur avisé.

Tennis Gucci, San Pe’ et « pass Guest »

Rien à boire dans les stands. Rien à manger non plus. Il fait chaud. Mieux vaut prévoir sa bouteille d’eau. Comme ce baroudeur des villes, en tennis Gucci, qui sort une San Pe’ de son sac à dos Fendi. Ça mate, on mate, on se mate. « T’as la carte VIP ? » « Non, j’ai la Guest… » Et ça change tout : un peu comme la Platinum comparée à la Gold… Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais y a un peu de ça. On cherche l’audace. En vain. Même les images de Guy Bourdin « ne sont pas ses meilleures, loin de là », confie un mateur amateur. En une heure, on a fait le tour. Heureusement, on a chopé le « pass Guest » d’un collectionneur venu de Suisse. Sinon, même avec une carte de presse, il aurait fallu payer 75 euros – par personne – pour faire partie de cette foire qui n’a rien d’une fête.