Il a l’habitude d’accompagner des films au piano. Comme ça, en impro. Hier soir, Karol Beffa a joué avec le film de Mauritz Stiller, A travers les rapides, en toile de fond. C’était la séance d’ouverture de la rétrospective que la Cinémathèque consacre au réalisateur suédois. Stiller ? Vous avez dit Stiller ? Oui, celui qui a découvert Greta Garbo. Celui aussi qui, à l’orée des années 1920, a été l’un des chefs de fil de « l’école suédoise ».

En une seule séance, on révisait toute sa philo…

Pendant 84 minutes, on était ailleurs. La salle Henri Langlois, pleine à craquer, invitait à une errance entre nature et naturalisme, mensonge et trahison, violence et passion. En une seule séance, on révisait toute sa philo : idéal la veille du bac. En sortant, Karol Beffa, en nage, a confié que l’exercice avait été assez physique : « En plus des bouteilles d’eau, j’aurais dû aussi apporter des fruits secs… » Puis il a quitté la Cinémathèque comme il est arrivé, en toute discrétion, en jeans et tee-shirt.

Rétrospective Mauritz Stiller, jusqu’au 5 juillet à la Cinémathèque, 51 rue de Bercy, Paris 12e.