Des petits fours et une grande virée parisienne en perspective… sous un ciel anthracite. Pas facile de passer entre les gouttes. On est pourtant arrivés sans dégouliner sur la plage éphémère installée par les membres du 5.5 design studio aux Puces du design, porte de Versailles. Là, ça sentait les vacances avec DJ, bar Campari, des filles en short ou jupe légère, d’autres juchées sur des talons aiguilles qui s’enfonçaient dans du sable blond venu d’ailleurs… Pendant ce temps, de l’autre côté de l’immense baie vitrée du Hall 3.1, des trombes d’eau, un ciel sombre, des parapluies retournés par le vent. Bourrasques et contrastes.

Saint-Tropez, Byblos et Campari

L’étape suivante devait être le Studio Willy Rizzo, rue de Verneuil, qui fêtait « la belle histoire de Saint-Tropez » quelques jours avant que le Byblos ne souffle ses cinquante bougies. Passer d’une plage à une autre sans se faire rincer, c’était mission impossible. Alors on a traîné au bar Campari, salué les 5.5, maté les nanas scotchées à leur smartphone comme à une bouée de sauvetage et flâné au milieu d’une sélection de pièces vintage, qui valaient bien celles immortalisées sur l’Instagram de l’ami Gilbert Kann. Ça ne se calmait pas, côté ciel. Loin de là. Si on était prêts à sécher Saint-Trop’ – car l’expo dure jusqu’au 25 juillet -, pas question de bouder le vernissage des félins dans l’œuvre de Robert Dallet. Mais pour ça, il fallait traverser la Seine…

Métro, vélo, félins et jazz

Sac sur la tête, les pieds dans les flaques, les jeans trempés, la dizaine de stations de métro de la ligne 12 ont fait office de… séchoir. Mais re-douche en sortant à Concorde. Avec nouvelle séance séchage en poussant la porte du 24 Faubourg : parapluie égoutté dans un chiffon, imperméable pendu, sac mouillé en pension au vestiaire et sourires des hôtesses invitant à grimper à l’étage pour oublier le déluge extérieur. On a obéi – pour une fois… -, attirés par l’univers bleuté de l’expo Féroces et Fragiles, installée jusqu’au 10 juin chez Hermès. D’un coup, on avait décollé de la planète. On était passés du métro, où un duo de péronnelles sorties d’un cours de yoga étaient montées dans le wagon avec un vélo, à un voyage dans le temps, au milieu de félins criants de vérité et d’une beauté à couper le souffle. On a aimé l’orchestre de jazz, les commentaires avisés de l’une, les conseils de visite d’un autre, le champagne Roederer servi au buffet, l’échange avec Yaguel Didier, la discussion avec le photographe Tadzio, à qui l’on doit une vidéo au sein de cette expo. En sortant, il pleuvait toujours. Re-rinçage et re-séchage dans le métro. La 12 encore, où l’attraction du wagon n’était plus un vélo interdit, mais une brunette venue du Sud et prête à beaucoup pour ne pas terminer ce soir de pluie, seule.